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Jeudi, 27 Octobre 2011 17:00

Google passe en HTTPS et chamboule l’industrie : retour sur une onde de choc SEO

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Article rédigé par Florian P. Webaddict, passionné d’actualité et travailleur de l’internet depuis plusieurs années, Florian s’intéresse notamment à l’économie et aux usages d’Internet dans le monde.

Google a annoncé la semaine dernière sur son blog, qu’il souhaitait faire passer son moteur en https par défaut pour les utilisateurs connectés à un compte.

Google passe en HTTPS et chamboule l’industrie : retour sur une onde de choc SEO

Pour des raisons de sécurité, les mots clés provenant d’une recherche pour des utilisateurs connectés seront cryptés, et ne seront donc plus transmises dans le referrer, ce qui les rend inaccessibles dans Analytics ou tout autre outil d’analyse de trafic. Après un torrent de plaintes (voir les commentaires), et de longs débats dans la communauté SEO, il ressort que l’argument sécuritaire ne serait pourtant pas si fondé :

- Google en version sécurisé existe déjà pour les utilisateurs qui souhaiteraient se protéger sur https://encrypted.google.com/

- cette version ne serait en fait pas si sécurisée, puisqu’on peut retrouver la requête et les autres paramètres du referrer en version non sécurisée, selon Zorgloob.

L’annonce concerne les Etats-Unis et sur le google.com seulement, mais les updates sont généralement déployées par la suite sur tous les autres marchés. Une pétition est d’ailleurs en ligne pour demander plus de transparence à Google et freiner cette mesure.

La fin du SEO ?

En soi, cette mise à jour ne va pas révolutionner le travail des référenceurs, et ce n’est pas la fin du SEO (pourrait-on svp interdire des articles avec ce titre ?). Matt Cutts (la voix de Google) a annoncé que cela représentait moins de 10% du trafic des sites. De plus, quand on analyse une audience, les données les plus importantes sont avant tout les tendances, et non des chiffres exacts : en utilisant deux outils de tracking simultanément, on remarque toujours des disparités en terme de chiffres, mais très peu en terme d’échelle.

Quels bénéfices pour Google ?

Avec cette petite update, Google parvient tout de même à créer des remous dans tout un pan de l’industrie du web :

- c’est un nouveau revers pour les outils payants d’analyse de trafic : après avoir rajouté le Real Time Analytics, Social traffic et le Multichannel Funnels, qui étaient des fonctionnalités uniquement disponibles dans des outils payants comme Omniture, Xiti ou Webtrends, Google limite les données transmises, et dans le même temps, sort une version Premium d’Analytics (intégrera-t-elle ces données dans le futur?)

- Doubleclick, sa régie publicitaire continue à bénéficier de ces données précieuses, et limite l’accès aux régies publicitaires externes, qui les exploitent considérablement. C’est en tout cas, la raison de cette mise à jour selon Ian Lurie de Portent Interactive, cité par Rand Fishkin dans Seomoz.

- Adwords gagne un argument commercial supplémentaire par rapport au SEO notamment, qui devient plus difficile à tracker et à maîtriser

Les limites de la transparence

Google Analytics est gratuit, ce qui lui vaut une part de marché de près de 80%, soit plus de 50% des sites qui l’utilisent pour mesurer leur audience. Et comme son activité « moteur de recherche » domine également le marché, Google décide simplement des données qu’il souhaite diffuser dans ses outils, et tant que cela lui reste profitable. On peut noter que par ailleurs, sur Google Adplanner, qui donne des estimations de trafic de sites, on trouve des données pour de nombreux sites, mais rien sur google.fr…

Les conséquences d’une petite update sont éloquentes quant à la dépendance du web, et de l’industrie envers Google. Mais comme pour Microsoft et IBM, cette position a son revers : si la rumeur se confirme, et que Google procède en plus au rachat de Yahoo (ce dont je doute), le groupe pourrait à son tour confronté à des attaques pour position dominante.

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