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Jeudi, 22 Septembre 2011 17:00

Calderon en VRP d'un Mexique en proie aux violences

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Déjà critiqué par une partie de la population pour sa gestion de la violence dans le pays, le président mexicain Felipe Calderon a déclenché une polémique en lançant une vaste campagne de promotion du tourisme, le jour où un nouveau massacre attribué aux cartels était découvert, rapporte le "Washington Post". Mardi, le président mexicain était en effet au musée Guggenheim de New York pour présenter une série d’émissions télévisées co-présentées par le chef de l’Etat lui-même. Diffusée à partir de jeudi par la chaîne publique américaine PBS, cette série de reportages est intitulée "Royal Tour" et propose de découvrir les principaux lieux touristiques du pays en compagnie d’un Felipe Calderon transformé, pour l’occasion, en véritable explorateur. Nouveau massacre à Veracruz La présentation de ce programme, accompagné de la diffusion sur internet d’une bande-annonce, a choqué de nombreux observateurs. En effet, le jour même, la police découvrait, à Veracruz dans l’est du Mexique, deux camionnettes garées sous un pont et dans lesquelles étaient entassés 35 corps. Selon les premiers éléments de l’enquête, les victimes seraient des membres d’un cartel, exécutés par un gang concurrent. Les images, largement diffusées par la télévision mexicaine, contrastent fortement avec celles diffusées dans le cadre du "Royal Tour". En effet, ce nouveau massacre attribué aux cartels, et la diffusion de la vidéo du président Calderon, interviennent dans un contexte particulièrement tendu. Excédés par le manque d’efficacité de la police et par le silence de bon nombre de médias, des habitants se sont organisés pour tenter de lutter contre les narcotrafiquants en dénonçant via internet et les réseaux sociaux leurs activités. Au point que les internautes mexicains sont devenus, eux-mêmes, une cible. Ainsi, la semaine dernière, la police de Nuevo Laredo, une ville frontalière des Etats-Unis, a retrouvé sous un pont deux corps mutilés. La police n’a pour l’instant pas réussi à les identifier mais il s’agirait de deux blogueurs. Non loin de leurs corps, un cartel avait laissé sur une pancarte un message menaçant de représailles toute personne parlant de ses activités sur le net. Deux internautes accusés de terrorisme Mais les internautes mexicains ne doivent pas uniquement se méfier des cartels. Récemment, deux internautes ont été interpellés et accusés de terrorisme et sabotage pour avoir diffusé, sur Twitter et Facebook, des informations sur des rumeurs d’attaques de groupes criminels contre une école. Ces deux cyber-militants s’étaient justifiés en expliquant qu’il n’avait fait que relayer des alertes et avaient reçu le soutien de nombreuses associations comme Amnesty International. Mercredi 21 septembre, le ministère public a finalement décidé de lever les charges et de les libérer. La vision d’un président vantant, depuis New York, un pays sûr et accueillant a donc dérangé de nombreux mexicains. "Le timing ne pouvaient pas être plus mauvais" résume le Washington Post. Interrogé par le quotidien, Felipe Calderon affirme d’ailleurs comprendre que son voyage ait pu être mal interprété. "Ca aurait pu être une erreur", admet-il. "Mais nous l’avons fait parce que je me sens fier du Mexique". Jérôme Hourdeaux - Le Nouvel observateur Authors:
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