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Jeudi, 08 Décembre 2011 18:32

WorldStarHipHop.com, ou le gangsta web

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Publié le 08-12-11 à 17:38    Modifié à 18:32     par Jérôme Hourdeaux     Réagir Véritable phénomène de société aux Etats-Unis, le site WorldStarHipHop.com est sans doute le site le plus sulfureux et contesté du moment. Car même si, comme son nom l’indique, "WSHH" est à l’origine un site de vidéos de rap, c’est avant tout le sexe et la violence qui ont fait le succès de ce site pas comme les autres. Avec une audience de 1,1 million de visiteurs uniques par jour, "WSHH" est en effet devenu la référence de la vidéo trash et le symbole du gangsta rap dans ce qu’il a de plus machiste et violent. C’est en 2005, que Lee "Q" O'Denat fonde WorldStarHipHop.com. Très vite ce personnage haut en couleur, ancien rappeur connu pour ses prises de becs par médias interposés avec le rappeur 50 Cents, comprend la mine d’or que représentent les "UGC", ou "User-Generated Contents", autrement dit les contenus fournis par les internautes. Et pour "Q", rien n’est trop trash. Clips de rap, bastons et strip-teases Sur la page d’accueil, mélangées aux classiques clips de rap qui constituent le "produit d’appel" du site, on trouve, pêle-mêle, un strip-tease amateur, une baston d’étudiants, un règlement de compte entre gangs ou encore une agression dans le métro. Des vidéos bien souvent d’une violence extrême et qui constituent le véritable fond de commerce, ainsi que la marque de fabrique, de "WSHH". Cette "trash-attitude" ouvertement revendiquée par Lee "Q" O’Denat est l’une des principales raisons de sa popularité. Au fil des années, "WSHH" est ainsi devenu un habitué des rubriques faits-divers, bien souvent au détriment de ses propres utilisateurs qui n’hésitent pas à "dédicacer" leurs vidéos. La dernière affaire en date remonte au 5 décembre, lorsqu’un internaute poste sur le site une vidéo dans laquelle on peut voir un étudiant d’un lycée du Massachusetts tabasser un de ses camarades de classe et lui voler ses chaussures. Si la violence de la vidéo suffirait déjà à la faire supprimer de toutes les autres plateformes, c’est plus l’attitude de ceux qui filment qui choque réellement. Tandis que le lycéen se fait massacrer, on peut voir, et entendre, de nombreux spectateurs rigoler et se moquer de la victime, sans jamais intervenir. L’un d’entre eux se plante devant la caméra et annonce l’arrivée de la vidéo sur leur site préféré : "WSHH". Depuis, une enquête a été ouverte et neuf des "spectateurs" visibles dans la vidéo ont été renvoyés par le lycée. "Je suis un Jésus Noir" Ces derniers mois, ces vidéos, dans lesquelles on a l’impression que les agressions ne sont devenues qu’un prétexte pour être référencé sur le site, se multiplient. Le 2 décembre, c’est une bagarre générale entre des fraternités étudiantes d’une université de l’Arkansas qui fait la une des médias après la diffusion d’une vidéo de l’incident. A la mi-novembre, la police de New York avait lancé un avis de recherche après la mise en ligne d’une autre vidéo montrant trois hommes en frapper un autre dans le métro. Cette fois encore, on peut entendre, à environ 50 secondes, un des agresseurs dire "World Star Baby", une référence à WSHH. Accusé de voyeurisme, Lee "Q" O’Denat assume et joue même de cette image de bad boy du web. Même lorsqu’on lui reproche de véhiculer une image négative des Noirs américains et du rap. Dans un portrait qui lui a été consacré en mars 2011 par le magazine "Vibe", le fondateur de "WSHH" déclarait : "Je suis comme un Jésus Noir. Je m’adresse à tout le monde, aux ordures de la Terre. Je suis par terre, dans la boue. Je traite tout le monde pareil, que ce soit Puffy [Ndlr : le rappeur Puff Daddy] ou un inconnu avec une vidéo à 500$. C’est ce que les gens adorent dans ce site". Jérôme Hourdeaux - Le Nouvel Observateur Authors: 2789890.jpg
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